lundi 9 mai 2011

Naissance d'un pont de Maylis de Kérangal



Le prix médicis comme chacun sait, récompense un auteur qui n'a pas la notoriété à la hauteur de son talent. MDK n'en ai pas dépourvu et mérite que l'on s'attarde sur ce livre.
Un bouquin plutôt étrange, l'histoire d'un pont mais pas que...
J'ai eu du mal parfois à voir où voulait en venir l'auteur, ni livre d'architecture, ni de sociologie, ni d'écologie, ni d'urbanisme, ni de critique de notre société atomisée, donc pas un livre de ça en particulier mais de tout ça en général.
Au travers de destins hétéroclites, MDK dépeint la construction d'un pont au fin fond de cet état presque imaginaire de Californie, dans cette ville qu'elle a eu le mauvais goût de nommer Coca.
Des hommes et des femmes des quatres coins du monde y convergent, chacun avec une motivation personnelle et parfois troublante. Ceux qui cherchent prosaïquement un contrat de travail, ceux qui cherchent a s'y réaliser et à étoffer leur CV, les indiens marginalisés.
Ce livre est une fresque sur tout ces destins qui le temps d'un chantier vont s'animer, s'aimer, se battre, se disloquer.
Cela part dans tous les sens, c'est même le reproche que je fais à ce livre, azimuté, non contrôlé.
L'histoire se mêle d'écologie de bon aloi, de choix sociaux, de grève, d'onirisme, cela sans prendre un sens concret. Au fond comme ce pont qui va on ne sait où, pour quelle utilité ? Sinon satisfaire l'égo du Boa.
Alors au final ?
Et bien MDK a un indéniable talent, mêlant vocabulaire élaboré aux phrases les plus basiques, elle a indéniablement un monde littéraire bien à elle et qu'elle maîtrise et qu'elle saura faire fructifier. Elle a une personnalité d'écrivain intéressante qui fait que ce livre ne sera pas le meilleur de sa production, qu'elle va mûrir, qu'on va en entendre parler encore  longtemps. Elle a juste la nécessité de creuser un peu plus son sillon sans partir, déboussolée, dans tous les sens. Un auteur à suivre.

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