mardi 26 mars 2019

La motte rouge de Maurice Genevoix




















Sanglar.



C'était un temps calamiteux et fort misérable, là où nous entraîne Maurice Genevoix. Le temps où les hommes guerroyaient rudement au nom de principes religieux. Des batailles rangées, des mercenaires soudards qui faisaient les gros bras au service du plus offrant. Les victimes, les populations traversées par ces zones de combats comme on dirait aujourd'hui.
Jourdaine sera la " victime "compatissante et complaisante d'un chef de guerre, le nommé Sanglar qui donna le titre originel du livre, et tout le roman tournera autour de ce fait. Quelles admirables pages de littérature que ce passage où tout bascule. La promiscuité avec l'acte est impressionnante, les sentiments transpirent au fil des pages qui sont à couper le souffle. Puis l'action suspend son intensité, plane même un peu pour reprendre de plus belle.
Genevoix nous livre un beau moment de littérature, les êtres dépeints représentent toute une palette d'attitudes, la couardise, le ressentiment, le courage, l'abnégation, la rudesse des hommes, et l'amour en dépit de tout. Les lieux sont dessinés avec virtuosité ainsi le village offrant une redoute à la population, les tavernes, les paysages des causses du Rouergue. Tout est dans le style Genevoix; Le chapitre final est magnifiquement amené et prendra chaque lecteur à revers.
La psychologie des protagonistes est méticuleusement mise en scène, et c'est là tout le talent de l'auteur qui parvient à laisser, je dirai même oblige son lecteur à poursuivre le travail d'imagination. Une belle plume au service d'une littérature admirable. 
Critique de 2008

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