mercredi 7 décembre 2011

La terre des Vialhe.




La césure s'effectue au troisième tome, Claude Michelet a attendu 10 ans avant d'écrire la suite des grives aux loups. Ce quatrième tome marque l'entrée dans l'époque moderne de l'agriculture, la fin d'une époque, celle des paysans terriens, la mort de Saint Libéral, et l'avénement des grands trusts internationaux de l'agriculture. Les vieux meurent où sont malades, les jeunes traversent le monde pour établir d'autres normes agricoles à l'autre bout du monde. Claude Michelet règle quelques comptes avec l'Europe technocrates, avec les politiques. Ce quatrième est comme le père Vialhe, il s'essoufle un peu et n'a plus le panache des premiers tomes. Il n'en demeure pas moins que cette saga est une référence dans le roman de terroir et ne souffre d'aucune faiblesse. On aimerait que Michelet nous écrive un cinquième tome, sur les Vialhe à l'heure des nouvelles technologies.

samedi 3 décembre 2011

Citation



Lorsque notre nourriture, nos vêtements, nos toits ne seront plus que le fruit exclusif de la production standardisée, ce sera le tour de notre pensée.
Toute idée non conforme au gabarit devra être éliminée.

John Steinbeck in A l'est d'Eden.

mercredi 30 novembre 2011

Entretien avec Fabio Bono.



Fabio Bono est le dessinateur ( Italien) de deux bédés, il s'agit de " Confessions d'un Templier " dont le tome 3 est sorti et de " Cathares " dont le prochain tome sortira le 12 janvier 2012.
Un dessin expressif, un choix des détails pertinents, des décors paysagers sublimes, de belles perpsectives et un sens de la profondeur font de Fabio Bono un des dessinateur qui à mon humble avis est en train de s'installer dans le paysage bédétesque français? Pour couronner le tout Fabio est toujours disponible pour ses fans, Mille mercis Fabio d'avoir bien voulu répondre à ces quelques questions.

Fabio Bono qui êtes-vous ?


Je suis un dessinateur de bandes dessinées.
Je suis né à Sanremo, une ville pas lointaine de la frontière française et j'ai ainsi été influencé involontairement par votre style narratif de la "ligne claire" soi-disant, lointaine du style italien.






Comment avez-vous commencez le dessin ?


 J'ai commencé à écrire précocement, avant de fréquenter l'école... j'étais impatient évidemment de remplir les bulles avec les textes! ;-);-)Puis j'ai été chanceux à avoir une tante (Maria) que m'incitait à lire en m'achetant un journal par semaine.... ce qui désirais en kiosque (en Italie les bandes dessinées sont vendues presque exclusivement en kiosque).     





 Dans quelle tradition vous situez-vous ?

   J'ai un style plus français qu'italien personnellement.
Initialement, grâce à ma tante, j'ai commencé à lire livres illustrés par le grand dessinateur humoristique italien Bonvi (Nick Carter, Sturmtruppen,...)
Puis, d'adolescent, je suis devenu fan de Tez, Zagor, Dylan Dog et toutes les autres bande dessiné ("fumetti") de l'éditeur Bonelli.
J' adorais beaucoup aussi le dessin linéaire de Magnus et ce dessinateur est ce qui m'a plus influencé peut-être.
J'ai toujours aimé par contre la bande dessinée aux couleurs et en Italie les bandes dessinées sont presque tout en noir et blanc .... ma destinée était cette enfin de travailler en France et en Belgique!  





  La bédé italienne n'est pas très connue en France, selon vous pourquoi ?

   Pour les motifs pour que j'aimais la bande dessinée française.... les bandes dessinées italiennes sont pensées pour le petit format.... donc peu cases pour page, peu de place pour les fonds et pour les paysages et rien couleur.
La qualité generale du dessin est excellente et aussi beaucoup de scénarios sont excellents mais la différent mise en page et les autres caractéristiques citez sont un gros obstacle pour le goût français.       





  Votre dessin est très agréable à regarder, un bel avenir se dessine devant vous, quel sont vos projets, allez vous rester dans la bédé historique(' Confessions d'un templier et Cathares) ?


      J'aime personnellement beaucoup le Fantasy traditionnel mais jusqu'à maintenant j'ai eu propositions seulement du genre historique.
J'ai aussi refusé quelque proposition parce que je préfère l'Historique ancien, jusqu'à le le moyen âge tardif et pas au-delà.
Maintenant je suis en train de commencer le troisième tome de "Cathares" (chez Glenat) que fermera la série (comme prévu initialement) .
Avec le troisième tome de "Confessions d'un Templier" (chez Soleil) je crois avoir aussi conclu cette aventure, à moins que l'éditeur ne nous surprenne pas en nous demandant une continuation que cependant le scénariste a déjà imaginé. 
Je suis en train de travailler aussi à une troisième série historique pour un autre éditeur mais moi je ne sais pas quand elle sera publié.  

 
 

mercredi 23 novembre 2011

Psychologie des foules de Gustave le Bon



Cet essai aborde dans dans un style iconoclaste la Psychologie des foules, il passe en revue tous les aspects de ces masses humaines, de leur débilité, de leur hétérogénéité, de leurs forces, de leur faiblesse.
Toujours prêtes à suivre les meneurs les plus prestigieux, les plus talentueux qui ne sont pas forcément les plus intelligents.
L'auteur évoque les sentiments et les consciences de ces foules, explique clairement que toutes les foules se valent, que ce soit des intellectuels ou des manants.
Gustave le Bon explique clairement que pour guider ces foules il faut ne pas avoir peur de dire des contre vérités, de les asséner avec sérieux, de ne pas toujours carresser les masses dans le sens du poil, bien au contraire et de laisser la contagion des idées se diffuser.
A la lecture de cet essai on comprend très bien l'avénement de tous les dictateurs, la montée du nazisme, on comprend les révoltes des printemps arabes, les hystéries collectives sportives ou culturelles, les hallucinations collectives.
L'auteur évoque l'ascenscion de Napoléon, son entregent et sa réussite.
Il évoque les journaux qui ne sont plus des leaders d'opinions mais qui flattent le peuple pour vendre du papier.
Tout cela est réuni dans ce livre que tout communicant, tout homme politique se doit d'avoir lu.
Jamais la parole n'est confisquée par le politiquement correct, Gustave le Bon évoque la différence des races, leur psychologie si chère à Charles de Gaulle.
Tout cela résonne dans notre société contemporaine et semble traduire notre époque, sauf que le livre fut écrit en  1895 !!!

Un extrait :
Evidemment la progression continue de telles dépenses a forcément pour issue la faillite. Beaucoup de pays en Europe : le Portugal, la Grèce, l'Espagne, la Turquie, y sont arrivés; d'autres, comme l'Italie vont y être acculés bientôt, mais il ne faut pas trop s'en préoccuper, puisque le public a successivement accepté sans grandes protestations des réductions des quatre cinquièmes dans le paiement des coupons par ces divers pays. Ces ingénieuses faillites permettent alors de remettre instantanément les budgets avariés en équilibre. Les guerres, le socialisme, les luttes économiques nouspréparent d'ailleurs de biens autres catastrophes, et à l'époque de désagrégation universelle où nous sommes entrés, il faut se résigner à vivre au jour le jour sans trop se soucier de lendemains qui nous échappent.

mardi 22 novembre 2011

Kindle or not kindle ?


Etre ou ne pas être pour le Kindle telle est la question.
A l'aube des fêtes de fin d'année qui se préparent dans la frénésie, difficile de faire l'impasse sur cet objet.
Je vais essayer d'être le plus objectif surla valeur utilitaire de cet objet, j'annonce tout de suite que je ne suis pas salarié ou sponsorisé par Amazon, bien que l'enseigne américaine soit mon fournisseur de tout mes achats culturels.

Concernant le kindle je vais vous parler de mon éxpérience :

La commande se fait sans souci comme d'habitude sur Amazon.
On reçoit le kindle dans un carton minimaliste mais très protecteur, on tire sur la languette et hop, comme un beau diable, le kindle apparaît.

Première surprise, c'est un bel objet, l'ergonomie est adaptée à l'usage de la lecture, la prise en main est naturelle.

Je me saisis du mode d'emploi, qui lui aussi est minimaliste, mais il est largement suffisant, j'irai même jusqu'à dire inutile.
Le kindle dispose de peu de boutons et la découverte se fait sans problèmes, je me demande même si le kindle n' a pas été conçu pour les nons technophiles.

Une fois la mise en charge effectuée via le cordon usb fourni, il faudra acheter un adapteur si l'on veut charger le kindle depuis une prise de courant, la lecture peut commencer, enfin presque.

Sachez que Amazon a déjà programmé le kindle à mon nom et a créé une adresse mail dédiée et modifiable.
J'ai tout de suite trouver la navigation, j'ai activé le mode wifi. Le plus compliqué est de rentrer la clef de ma box, c'est dire.
Puis je me suis rendu sur la boutique kindle et fait l'acquisition d'un livre gratuit, plus de 4000 en français. Je ne voulaispas râter le premier téléchargement, c'est en fait impossible de le râter.

Le livre se télécharge en 20 secondes et apparaît dans le menu.
Il suffit de l'ouvrir pour commencerla lecture.
Voilà le côté prise en main, mais un kindle c'est pour lire avant tout, et remplit-il son office ?

S'il fallait noter le kindle je mettrais 18/20.
Je n'avais jamais lu un livre électronique sur une liseuse à encre électronique, et franchement c'est bluffant. J'irai même jusqu'à dire que c'est plus agréable qu'un livre.
Avantage indéniable c'est le fait de pouvoir changer la taille de la police, pour moi c'est important et j'imagine que les maisons d'éditions grands caractères ont du mourron à se faire.
La prise en main pour la lecture est très agréable, le changement de page se fait en clin d'oeil.
La surprise et que le livre se décompose en pourcentage et non en pages, c'est bizarre mais on s'y fait.

Le kindle est pourvu d'un dictionnaire, il suffit de laisser le curseur devant un mot pour avoir la définition, on peut surligner les passages et ceux-ci sont archivés. On peut même voir les passages les plus surlignés par les usagers du kindle, à ce sujet il faudra inventer un mot pour les nommer.

Vous l'avez compris, je suis conquis, mais pourquoi 18/20 ?
Si vraiment on veut chercher la petite bête, j'aurai aimé un kindle un poil plus grand et enfin il n'est pas tactile, est ce nécessaire pour une liseuse ? Je pense que non.

A mon humble avis le kindle va cartonner, surtout vu son prix.
Aux rayons réjouissances il faut savoir que plus de 4000 livres sont gratuits sur le kindle store, tous les Maupassant, Verne, Dumas, Hugo, Balzac, Zola etc...
J'ai découvert ainsi Auguste Renard et " Les mains d'Orlac " un livre que je n'aurai jamais lu sans le kindle et qui m'a donné envie de lire des auteurs anciens comme Ponson du Terrail ou Eugène Sue.

Amazon déclare que " L'essayer c'est l'adopter " formule qui résume bien mon avis général.
Il y a un bémol qui vient de la part des éditeurs français, lelivre électronique est cher. Pas d'impression, pas de transport, pas de distribution et seulement 2 ou 3 euros moins cher. En tout cas toujours plus cher qu'un livre de poche, il va falloir sérieusement se pencher sur ce problème.
J'ai trop de respect pour les écrivains pour pirater les livres, mais en faisant une recherche d'une minute, j'ai trouvé le dernier Goncourt gratuit et au format kindle !
Si l'édition ne réagit pas il va se passer la même chose que pour la musique, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Ceci étant, j'ai toujours mon kindle sur moi à présent, pensez, il peut contenir 1400 livres, la révolution est en marche...


lundi 21 novembre 2011

L'appel des engoulevents de Claude Michelet



Votre serviteur apprécie particulièrement les bons romans du terroir, à l'instar des livres de Henri Vincenot qui reste pour moi le chantre absolu de la campagne française, de sa culture et de son savoir vivre séculaire. Mais laissons là le barde gaulois pour consacrer cette chronique au troisième volet des aventures de la famille Viahle.

Il faut savoir que les deux premiers tomes ont été écrits en 1979 et 1980, puis Michelet a attendu 10 ans pour offrir le 3 ème et avant dernier volet de sa saga familiale.
Autant le dire tout de suite il y a une césure avec les premiers tomes.
Nous sommes maintenant dans les années soixante dix, tout a changé, les moeurs et les modes de travail, la famille est éclatée aux quatre coins du monde, les enfants et petits enfants ont fait des études, certains vivent en ville, d'autres au Maghreb et même aux Amériques ou en Océanie.
Mais toujours, comme les engoulevents, les oiseaux reviennent au nid initial. Qui pour se marier, qui pour reprendre goût à la terre, qui pour passer sa retraite où achever son existence dans la quiétude des puys.
Et toujours ce centre géologique que représente la terre, cette substance qui nourrit et façonne les hommes, donne à leur race les traits d'où elle issue.
Encore une bien belle histoire de Michelet qui évoque la réforme de l'agriculture, les trust internationaux qui vont bientôt diriger l'agriculture mondiale, la fin du petit monde du paysan au sens littéral du terme pour aboutir à des chefs d'entreprises organisés en société.

Voici un extrait éloquent :
- Ce n'est qu'un début. Mais bientôt, toi, oui toi, petit producteur, on va te traiter d'affreux de subventionné à outrance ! on te reprochera même les excédents que nos minables gestionnaires ne sont pas foutus d'écouler. Ensuite, on te cassera les reins au nom du beau rêve européen. Oui, beau rêve que des incapables sont en train de transformer en cauchemar, et surtout en sinistre bordel ! L'Europe des bureaucrates, mais surtout l'Europe du désert français, des régions sacrifiées, de toute l'agriculture familiale assassinée !

Et tout ça pour que triomphe la pernicieuse idée que quelques cerveaux obtus se font de l'agriculture de l'an  2000 ...